JACK LORSKI
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 TÉMOIGNAGES

Nous publions ici quelques témoignages de collègues ou d’amis de Jack, convaincus qu’un détail, même anodin peut parfois aider à faire progresser une enquête.

Maria Lorski
Mon frère m’a appelée la dernière fois dans le courant du mois de décembre précédant sa disparition, alors qu’il était à Prague. Nous devions passer les fêtes de Noël ensemble avec des amis communs mais il m’a fait comprendre qu’il était sur une affaire importante sans m’en dire plus. Le connaissant parfaitement, j’ai deviné qu’il était sur un scoop. Je pense que tout journaliste rêve de rencontrer le scoop de sa vie et quand ça lui arrive il peut oublier les règles de prudence qui s’imposent. Jack a toujours fait passer son travail avant toute chose et jusqu’à présent il s’est toujours sorti des situations les plus périlleuses. Cette fois j’ai peur parce que les motivations du type qui les a enlevés semblent complètement irrationnelles.

Anne Leman
Nous sommes habituellement assez complices au travail. Il nous arrive souvent d’échanger avec Jack nos points de vue sur des dossiers sensibles. Je savais qu’il enquêtait sur un serial killer mais il en parlait souvent sur le ton de la plaisanterie. Jusqu’au mois d’octobre précédent sa disparition, Jack passait encore régulièrement à l’agence où il continuait à travailler en parallèle sur d’autres dossiers. Nous avons été plusieurs à remarquer qu’il était préoccupé par son enquête. Pendant les dernières semaines précédant sa disparition, je n’ai reçu que quelques e-mails. Dans l’un d’eux il me demandait si je pouvais faire rapidement quelques recherches sur le culte de Mithra. Je n’ai toujours pas compris quel rapport cela pouvait avoir avec son enquête mais je lui ai envoyé une synthèse sur tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet.

Paul Gilson
Jack est mon ami et je suis très attristé par sa disparition. Je sentais que cette affaire revêtait pour lui un caractère particulier. C’était « son » affaire. Il refusait de m’en parler en disant que cela me protégerait, qu’un journaliste qui enquêtait sur l’affaire s’était fait tuer et que lui-même courait un risque important. Il me racontait que les polices européennes avaient du mal à collaborer et qu’elles ne croyaient pas à sa thèse. Comment et pourquoi en quelques mois un même tueur pouvait avoir commis autant de meurtres séparés par des milliers de kilomètres ?

Matt Gillian
Quand le flic anglais avec lequel il était régulièrement en contact l’a prévenu fin novembre sur son portable qu’une nouvelle série de meurtres venait de se produire en Allemagne, il était dans le bureau que nous partageons. Je me souviens l’avoir entendu prononcer un nom à consonance allemande « Gerd Handke » ou « Hank » ; quelque chose comme ça. Puis il a rejoint son bureau situé à côté du mien et il a prévenu Karen qu’il y avait du nouveau. Il avait l’air très nerveux. Une demi heure plus tard, alors que j’étais allé faire des photocopies, je l’ai croisé dans le couloir. Il semblait très pressé. Il m’a dit qu’il devait partir mais qu’il n’avait pas le temps de m’expliquer. Quand j’ai croisé son regard, j’ai eu l’impression qu’il venait de découvrir quelque chose d’important, quelque chose qu’il redoutait depuis longtemps et qui venait de se produire…

Karine Bodinger
Quand on reçu la première photo à l’agence, on a d’abord pensé à une mauvaise blague. Mais très vite il a fallu se rendre à l’évidence : c’était bien Karen. J’avais eu l’occasion de la rencontrer à Paris à l’occasion d’un déjeuner avec Jack et malgré son visage amaigri je l’ai reconnue immédiatement. Pour la première fois, on avait la certitude qu’ils avaient été enlevés. Un degré supplémentaire dans la cruauté a été atteint quand nous avons appris l’existence de cd-rom. Si le tueur lit ces lignes je le supplie de laisser la vie sauve à Jack et Karen et de reprendre contact pour nous expliquer ce qu’il attend de nous.